Édito du 11 septembre 2020

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Ce numéro inaugure la rubrique « 4+1 → J-50 » qui fera résonner la singularité de trouvailles, le cheminement d’interrogations, la formulation de bouts de savoir à partir de l’expérience de lire en Cartel nouée au thème qui nous occupe cette année : « Attentat sexuel ».


Comme le hasard fait bien les choses, les deux contributions qui ouvrent le bal des Cartels ont été extraites de la lecture d’un même séminaire de Lacan : le Séminaire VIII, Le transfert .
Lorsque Lacan avance que le transfert implique un nouvel amour, il ouvre la brèche vers une zone inédite où accueillir le réel et où loger l’objet du désir.
Sur le fil de leur lecture, les auteurs de ces textes ont déniché avec panache et finesse la notion d’attentat sexuel en tant qu’indice et dernier rempart contre ce dont en général on ne veut rien savoir : il n’y a pas de rapport sexuel.
La possibilité du transfert que permet l’expérience de la psychanalyse est peut-être la seule à en tenir compte.

Nicolas Landriscini explore la façon dont Lacan met en exergue ce moment crucial du Banquet où Alcibiade s’emporte et adresse son fracassant reproche à Socrate. On ne dirait pas, mais vous verrez bien que la scène dévoile un certain attentat sexuel, et que celui-ci se situe là où l’on ne pense pas.

Ombretta Graciotti a lu en détail un autre passage de ce même séminaire. Celui où Lacan revisite l’imbroglio tragicomique entre Jupiter, Mercure et Alcmène. Les deux premiers, forts de leur puissance divine vont forcer le destin afin de soumettre la belle Alcmène… Mais c’est sans compter sur l’étendue de l’âme féminine qui, n’ayant que faire du caprice des dieux, peut réduire en miettes l’attentat sexuel dont elle était censée se faire la proie.

Et enfin, deux Touches de biblio déplient quelques références fort percutantes. D’une part, Claudine Valette-Damase nous met sur la piste de l’amour courtois à deux moments distincts de l’enseignement de Lacan : d’abord comme solution sublimatoire (Séminaire VII), et par la suite comme feinte pointant le non rapport entre les sexes (Séminaire XX). D’autre part, Dominique Legrand s’intéresse à la gifle, en tant que réponse d’un corps à un vécu d’attentat sexuel (Dora), mais aussi à la gifle métaphorique qu’est celle de Lacan lorsqu’il tente de réveiller la communauté analytique de son doux sommeil.

Le reproche d’un jeune désarçonné, l’attentat plutôt manqué perpétré par un dieu obnubilé, le double tranchant de l’amour courtois, la gifle de Dora… Toute une variété de DESaCORPS vers les J-50.

Bonne lecture !