Édito du 16 juin 2020

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« Nos corps comptent. »
Ces trois mots d’Éric Laurent écrits dans Lacan Quotidien de ce jeudi font résonner l’actualité brutale de ces temps de premiers déconfinements. C’est ainsi que se conclut son texte, saisissant. Nous y découvrons une lecture biopolitique de ce qui se joue sur la planète ébranlée par l’épidémie de Covid-19. Si les chiffres et les modèles s’épuisent en vain à tenter de saisir le réel qui surgit pour tous, les corps sont à cette occasion réveillés par l’angoisse qui les pousse à parler. Ils s’imposent sur le devant de la scène.
Ce DESaCORPS pour sa cinquième parution se tisse à l’actualité et nous donne à voir deux versions du corps dans sa rencontre à un Autre corps, nous faisant par là saisir le poids du réel dans l’attentat sexuel.

Pour sa rubrique « Mauvaise rencontre », c’est l’« Humble vérité » d’ Une vie (de Maupassant) que nous propose de découvrir France Jaigu. Nous y suivrons par la plume toute en finesse de l’auteure comment une rencontre pleine de promesses tourne à « l’affrontement cruel », en nous immisçant dans l’intimité de la nuit de noce. Nous y découvrirons avec Jeanne ce que peut être l’effraction du signifiant sur le corps et quelle vérité s’y révèle !

Il s’agira également de l’impact du signifiant avec « Honte et obscénité », la rubrique que nous propose Gil Caroz. S’appuyant sur l’actualité et le malaise qu’elle suscite, ce dernier fait entendre de quelle façon se vérifient la disparition de la honte et la banalisation de l’obscénité qui l’accompagne.
L’auteur évoque enfin avec une redoutable justesse un retournement provoquant un évènement de corps généralisé, qui saisira jusqu’au lecteur de son texte.

C’est donc un numéro au corps-à-corps, qui ne recule pas devant le réel et son troumatisme initial, celui de l’impact obscène du signifiant pour tout parlêtre .