La Treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la seule, ou c’est le seul moment ;
Car es-tu reine, ô toi ! la première ou dernière ?
Gérard de Nerval, « Artémis » in Les Chimères .
Dans « Artémis », Gérard de Nerval nous fait part du temps cyclique, que ce soit celui du passage du 12 au 1 du cadran de l’horloge ou celui du calendrier annuel. La treizième (12+1) est donc la dernière mais aussi la première du prochain cycle. Ainsi, dans ce numéro de DESaCORPS, ne figure qu’un seul texte. Il s’agit du treizième argument correspondant aux treize rubriques thématiques du Blog. Mais si le texte de Marie-Hélène Roch clôt la série de leur présentation (cf. Edito n° 3 du 8 juin par Damien Guyonnet), elle ouvre le cycle tout aussi prometteur des articles qui viendront nourrir notre réflexion sur l’attentat sexuel.
Dans C’est ça le plaisir , Marie-Hélène Roch revient sur l’origine du mouvement #MeToo et l’ignorance ancestrale quant à la jouissance féminine que ce soit pour l’homme ou la femme elle-même. Ce « continent noir » énigmatique, à la jouissance illimitée, n’est pas sans effet sur l’autre et son corps. A ce titre, la femme qu’on diffame « peut réveiller l’infâme » chez l’autre. L’auteur se réfère au roman de Mary Gaitskill, Faites-moi plaisir , pour poser la question de la marge entre consentement et refus mais surtout pour indiquer que « l’idée d’un désir masculin irrépressible » ne donne plus aucune immunité à l’homme.
Dans l’attentat sexuel, il y a trauma car rencontre avec un réel. « La jouissance fait effraction dans un corps qui ne l’a pas invitée » et avec laquelle il va pourtant devoir se débrouiller. C’est sans doute sur ce point que peut intervenir la psychanalyse, c’est-à-dire dans un savoir y faire avec sa jouissance, fût-elle liée au trauma de l’attentat.
Bonne lecture !