Éclats de savoir,
c’est de cela dont il s’agit dans cette rubrique qui s’ouvre avec un texte de Philippe de Georges qui tombe à point nommé ! L’auteur développe en profondeur les ressorts et la logique du
consentement
et de
l’emprise,
leur rapport au désir, à la jouissance, au savoir. Vous verrez, c’est un scandale !
« Scandale » vient du latin ecclésiastique
scandalum
, dont on trouve son lien avec le mot grec σκάνδαλον « achoppement ». Après avoir lu ce texte, nous ne dirons, ni n’entendrons plus jamais les phrases « je ne savais pas » ou « je n’y crois pas » de la même manière.
Plus scandaleux encore, les questions développées par P. de Georges, sont à prendre à notre compte, nous sommes dans le tableau, le scandale est en nous, et l’auteur nous le fait saisir. Ainsi, en suivant la logique de son texte, il nous revient de nous demander,
quelle part avons-nous dans les propos conceptuels que nous tenons ?
Celui qui consent au discours analytique ne peut pas ne pas mettre le doigt sur ce « je-n’en-veux-rien-savoir » que P. de Georges décline de manière exemplaire dans son texte. Nous sommes obligés de nous interroger sans cesse sur notre propre jouissance et notre désir dans les propos que nous tenons.
Consentir
à faire usage des concepts avancés par Freud et par Lacan pour s’orienter dans la pratique de la psychanalyse, bouscule le sens commun, met en évidence les
abus
de langage, met à mal tantôt la rhétorique du politiquement correct qui donne l’illusion de compréhension comme toute parole qui prétend faire autorité,
magisters dixit
et
tutti quanti
.
Éclat du savoir, c’est précisément de cela dont il s’agit dans cette rubrique, faire sentir la dimension explosive des concepts psychanalytiques se tenant,
tant que faire se peut,
dans ce point-pivot «
entre cette extinction qui luit encore et cette éclosion qui achoppe
»
[1]
. P. de Georges nous y conduit sans concession.
Bonne lecture !
[1] Lacan J., « Remarque sur le rapport de Daniel Lagache », Écrits , Seuil, Paris, p. 678.