Édito du 30 juin

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Des couples désaccordés dans ce numéro aux accents de séparation de fin d’année.
Ces désaccords seront artistiques. Car les plus grands amoureux dans la littérature et le cinéma n’incarnent-ils pas tous ce dépareillage, autrement dit : le non-rapport sexuel ? Que ce soit pour des raisons familiales, sociales, ou pour quelques obscures jouissances rencontrées.
Il n’y a pas d’amour heureux , on connait la chanson.

Matthias et Maxime
Carolina Koretzky nous donne son interprétation plus que convaincante du drame de Xavier Dolan, dans lequel un simple baiser vient faire effraction dans l’existence du couple qui l’échange. Rien ne peut préjuger de ce qui fait attentat pour un sujet, et qui va jusqu’à l’exiler de son rapport au langage, jusqu’à faire surgir l’insulte. L’auteure, de son regard averti de spectatrice et d’analysante décrit ce surgissement.

Lolita et Humbert Humbert
D’insultes il est aussi question dans ce si beau texte de Pénélope Fay. Celle que Dolores, alias Lolita, jette au visage de celui qui prétend que ce couple est seulement celui d’un père et sa fille. L’auteure suit les errances du duo scandaleux de ce chef d’œuvre de Nabokov. À leurs corps défendants ?

Des femmes et des robes
Enfin, Valérie Bussières convoque grâce à une idée des plus originales, des couples mythiques, tels Maryline et John Fitzgerald Kennedy ou encore Lol V. Stein et son amant perdu, à travers les robes qui les voilent ou les dévoilent. Il s’agira ici de ce que la robe couvre ou découvre de la jouissance pour chacune.

À lire seul avec soi-même.